Les Anges de Babylone – Ghislain Gilberti

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Après Sa Majesté des Ombres, voici Les Anges de Babylone, la suite de La trilogie des Ombres de Ghislain Gilberti. Je vous déconseille de lire la 4ème de couverture qui en dit trop sur l’histoire. De plus, les événements importants qui se sont déroulés dans Sa Majesté des Ombres sont résumés dans ce second volume. Je préfère survoler avec vous les premières pages de cette intrigue qui lancent les bases de ce thriller.

Mars 2011, Quartier du Neuhof. Le gang dirigé par Abdel Hamid à la main mise sur ce territoire. Plus de la moitié de la drogue qui circule en Alsace passe désormais par lui. Son business fait vivre une bonne cinquantaine de personnes appartenant à son réseau.

Un après-midi, l’un des revendeurs d’Hamid, Marcus, a demandé à le voir pour un problème survenu la veille dans une soirée techno. Celui-ci prétend avoir été intimidé par trois individus habillés en noir avec leurs capuches remontées sur leurs têtes. Pour Marcus, pas de doute, ce sont des hommes du réseau Borderline. Hamid n’y croit pas.

Pourtant, dans l’ombre, les chefs de Borderline préparent la guerre. Une stratégie complexe va être mise en place. La vengeance est en marche.

J’ai adoré retrouver Cécile Sanchez, une femme intelligente aux dons de mentaliste, qui va se battre pour reprendre l’enquête sur Borderline. Cette femme à une volonté à toute épreuve. Elle connaît déjà le réseau fantôme et ses méthodes pour avoir été confronté à eux en juin 2003. Des amis flics y ont laissé leur vie.

Les têtes pensantes de Borderline sont très pro et leurs actions sont ultra réfléchies. Chacun a une mission différente dans l’organisation. Un code très strict est appliqué par ses membres quelque soit leur niveau dans la hiérarchie. Les tatouages qu’ils portent ont tous une signification. J’en ai appris plus sur Borderline et ses techniques de recrutement. Les têtes de l’organisation sont aussi plus présentes et participent aux missions.

Chaque protagoniste est dépeint avec son caractère, sa place dans la hiérarchie, qu’il s’agisse de la police ou d’un gang. Je me suis attaché à plusieurs des personnages. Les actions s’enchaînent sans temps mort. Un scénario très cinématographique.

Ce thriller est d’une qualité exceptionnelle. Des chapitres millimétrés et très courts qui donnent le rythme. Une vraie addiction qui m’a poussé toujours plus loin dans ma lecture afin de comprendre les buts cachés de Borderline.

Ce thriller est une bombe ! C’est le kif du siècle ! Ce second volume de La trilogie des Ombres est phénoménal ! Ghislain Gilberti m’a rendu accro à sa saga apocalyptique ! J’avais déjà adoré Sa Majesté des Ombres mais sa suite est une tuerie ! Un énorme coup de coeur ! J’attends avec impatience la fin de cette trilogie.

Les Anges de Babylone – Ghislain Gilberti – Sortie le 18 avril 2019 – Metropolis – 624 pages

VINDICTA – Cédric Sire

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J’ai connu Cédric Sire avec son précédent roman « Du feu de l’enfer » que j’avais beaucoup aimé. Aujourd’hui, je vais vous parler de « Vindicta » son dernier thriller.

L’intrigue se passe à Toulouse, la ville de naissance de l’auteur. Une bande de jeunes planifie le braquage d’une bijouterie. Une transaction financière en cash devrait avoir lieu après la fermeture de la boutique. Les jeunes ont la date et l’heure de cette visite nocturne ainsi que les codes d’entrée de la bijouterie.

Le jour J, le braquage tourne mal et les jeunes doivent s’enfuir rapidement à bord de leur voiture. Pas de chance pour eux, un flic les a vus et photographiés alors qu’il effectuait une mission de surveillance avec un collègue dans un camion banalisé.

Ailleurs, un tueur sans pitié massacre un homme dans son appartement. Un simple contrat trouvé sur le dark web. Le passé de ce tueur va nous être révélé au fur et à mesure des chapitres. Un événement inattendu va le toucher personnellement. Il va alors partir en chasse et vouloir se venger.

Ce thriller, aux chapitres très courts, m’a happé dès les premières pages. J’étais avec Audrey, Damien, Elie et Driss. Ces jeunes, rêvant d’un avenir meilleur, ont choisi de commettre un braquage pour obtenir de l’argent facile. Malheureusement pour eux, l’irréparable se produit. Fuir et disparaître est leur meilleure option.

J’ai aimé suivre les mésaventures de ce flic, Olivier Salva. C’est un très bon enquêteur qui a profité de son statut pour voler des liasses de billets saisis dans le local des pièces à conviction. Sa hiérarchie le soupçonne et le rétrograde. Il est désormais affecté au service surveillance. Témoin du braquage, on lui interdit de divulguer ses informations au service de la PJ chargé de l’enquête.

Ceci n’est que le départ de l’intrigue de folie que nous a imaginé Cédric Sire. La tension est présente dès les premiers chapitres. Elle ne retombera plus avant la fin soit 580 pages plus tard.

Ce thriller suit alternativement les jeunes en fuite, les flics qui sont à la recherche d’indices et le tueur glacial qui commet ses meurtres sans bruit. Ce tueur est comme une ombre qui passe. Olivier Salva n’a pas lâché l’affaire. Il se sent investi d’une mission et veut à tout prix faire jaillir la vérité.

J’ai pris un plaisir énorme à la lecture de ce thriller. J’ai dévoré les pages à la vitesse grand V. C’est une histoire très addictive avec un suspense de tous les instants. Les rebondissements sont multiples. J’ai eu peur pour la vie de ces jeunes mais aussi pour Olivier Salva qui les recherchent. Il y a des détraqués partout dans ce récit.

Comme tout bon thriller, vous aurez droit à un beau twist final et à une fin d’anthologie. Une course poursuite sous haute tension ! Ce bouquin est une énorme claque ! Et un vrai coup de cœur ! Merci à Cédric Sire pour ces moments haletants pleins d’inquiétude, de frayeur et de panique. A lire d’urgence !

VINDICTA – Cédric Sire – Sortie le 21 mars 2019 – Métropolis – 580 pages

 

LUCA – Franck Thilliez

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Existe-t-il encore un jardin secret que nous ne livrions pas aux machines ?

Quel point commun peut on trouver entre :

  • Un couple qui souhaite avoir un enfant et qui a recourt à une GPA clandestine,
  • Un corps mutilé qui gît au fond d’une fosse creusée en pleine forêt,
  • Le contenu d’une lettre qui annonce le pire.

Rassurez-vous, ce que vous venez de lire ne concerne que les premières pages de ce polar haletant. Vous n’êtes pas au bout de vos surprises. Accrochez-vous bien à votre canapé ! La tension va monter crescendo pour ne plus redescendre avant la fin !

Franck Thilliez m’a bluffé, je vous l’avoue, avec cette intrigue complexe. « LUCA » est dans la même veine que son polar « Sharko » mais avec des thèmes différents. Les principaux sujets abordés sont la génétique, l’intelligence artificielle, le transhumanisme et les réseaux sociaux.

J’ai découvert des univers inconnus dans ce polar addictif et instructif. J’ai été heureux de retrouvé l’équipe du commandant Sharko avec Lucie Hennebelle, Nicolas Bellanger et une nouvelle recrue Audra Spick. Ces héros ont des failles qui les rendent plus humains. Mais leurs fragilités peuvent devenir leur pire ennemi intérieur.

Dès le prologue, j’ai été happé par le suspense de l’histoire. Ensuite, une avalanche événements surprenants m’a pris à la gorge. La tension était palpable. Les chapitres défilaient au rythme des enquêtes très différentes menées de front par l’équipe de Sharko. Les kilomètres s’accumulaient entre Paris et d’autres lieux.

Pour comprendre certains faits, les indices ne suffisent pas. Il faut beaucoup d’intuition et de réflexion. Il faut identifier ses ennemis et ne pas tomber dans leurs pièges. Si la mort se rapproche, il faut être plus intelligent et surtout plus réactif.

Le style de Franck Thilliez est excellentissime ! Je me suis délecté de chaque phrase ciselée avec les mots les plus justes. Chaque page était un régal pour moi ce qui est très rare dans un livre. J’étais tiraillé dans ma lecture entre avancer rapidement dans l’intrigue ou me laisser porter par les mots. J’ai dégusté ce polar et j’ai adoré !

« LUCA » est un coup de cœur pour moi et son auteur s’est surpassé avec ce nouveau roman. On appelle cela le talent ou le génie littéraire.

LUCA – Franck Thilliez – Sortie le 2 mai 2019 – Fleuve éditions – 552 pages

Surface – Olivier Norek

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Après l’excellent polar social « Entre deux mondes » (chronique) sur la jungle de Calais, Olivier Norek se renouvelle en nous offrant le polar « Surface » avec une nouvelle héroïne. Est-ce le début d’une autre trilogie ? L’avenir nous le dira.

L’histoire commence à Paris. Noémie Chastain, capitaine et chef de groupe des Stups, se retrouve défigurée suite à l’arrestation d’un dealer de drogue. Celle-ci reçoit une balle en pleine tête et doit dire adieu à son visage d’ange.

La reconstruction psychologique de Noémie va être longue. Comment faire le deuil de son image ? Comment accepter ce nouveau visage meurtri ? Comment surmonter cet état de honte qui l’envahie face à ses collèges flics et face à ses proches ? Comment reprendre son travail de flic ?

Sa hiérarchie va l’éloigner de Paris et la forcer à se mettre au vert. On envoie Noémie dans un commissariat de l’Aveyron à Decazeville, avec pour mission de trouver des raisons de supprimer cette brigade et de fermer ce lieu.

Quelques jours plus tard, un corps sans vie est découvert dans le village voisin d’Avalone. Le passé va refaire surface. Une enquête va être diligentée. Noémie va s’investir corps et âme dans la recherche de la vérité. Je n’en dirais pas plus sur l’histoire et vous laisse le plaisir de la découverte. Cette intrigue est remarquablement construite jusqu’au dénouement final.

Beaucoup de personnages gravitent dans ce récit, que ce soit l’équipe de flics qui assiste Noémie ou les habitants du village. Noémie Chastain devra s’attacher à connaître le passé de beaucoup d’individus si elle veut comprendre les faits et avancer dans cette enquête.

J’ai adoré suivre Noémie, pas à pas, à la recherche de preuves ou de témoignages. J’ai aimé partager ses pensées et ses doutes. J’ai été cueilli par certaines révélations et par des rebondissements inattendus. La lecture de ce polar s’est faite très rapidement car je souhaitais connaître la vérité sur l’enquête mais aussi voir l’évolution du comportement de Noémie.

Pour conclure, je dirais que ce polar est un coup de cœur. Il est parfaitement dosé en tension, psychologie et suspense. J’attends avec impatience une nouvelle enquête de Noémie Chastain, cette héroïne survivante. Merci Olivier Norek pour ces pages captivantes.

Sortie le 4 avril 2019 – Éditions Michel Lafon – 424 pages

Dans la brume écarlate – Nicolas Lebel

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Après l’excellent polar « De cauchemar et de feu » (chronique) sur les prémices de la révolte nord-irlandaise, Nicolas Lebel nous offre « Dans la brume écarlate » son nouveau roman.

Écarlate voulant dire rouge vif, on est déjà dans le polar ! L’intrigue de ce nouvel opus se passe à Paris dans le XIIème. Les thèmes abordés sont la disparition de femmes, les migrants et le vampirisme. Ces sujets ne m’ont pas parus inconnus car déjà lus dans d’autres ouvrages. Mais traités ensemble dans un même roman, c’est une première.

J’ai bien aimé la structuration du roman avec ses trois histoires en parallèle. On se pose beaucoup de questions mais il faudra un peu de patience pour parvenir à éclaircir ces différents mystères dont voici une liste non exhaustive : la disparition de femmes, la découverte de sang en grande quantité, le ou les coupables des meurtres.

En effet, plusieurs pistes seront suivies avec autant de coupables potentiels. On se dirige vers un polar qui se résout pièce après pièce comme un puzzle. Une vue d’ensemble sera nécessaire pour comprendre les réels enjeux.

N’oublions pas les personnages qui sont l’âme de ce roman. Ils sont dotés de caractères forts et traversent ce récit avec un soif de vengeance ou de justice. Il y a des hommes et des femmes mais ces dernières ont souvent un statut de victimes. Où est le mal ? Où est le bien ? Surtout si l’on touche à un membre de votre famille ?

Quel plaisir de retrouver l’univers et l’humour grinçant du capitaine Mehrlicht aux commandes de cette nouvelle enquête. Sans oublier les lieutenants Dossantos et Sophie Latour. Attention aux spoilers sur la vie de nos policiers si vous n’avez pas lu le précédent polar « De cauchemar et de feu » de Nicolas Lebel.

Pour finir, merci à l’auteur pour son hommage à Céline Dion qui ne laissera personne indifférent !

Plongez dans la brume écarlate de ce roman. Vous ne le regretterez pas !

Sortie le 27 mars 2019 – Éditions Marabout – 320 pages

Corruption – Don Winslow

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QUAND TOUT LE SYSTÈME EST POURRI AUTANT JOUER SELON SES PROPRES RÈGLES
 
Denny Malone est le roi de Manhattan North, le leader charismatique de La  Force, une unité d’élite qui fait la loi dans les rues de New York et n’hésite pas à se salir les mains pour combattre les gangs, les dealers et les trafiquants d’armes. Après dix-huit années de service, il est respecté et admiré de tous. Mais le jour où, après une descente, Malone et sa garde rapprochée planquent pour des millions de dollars de drogue, la ligne jaune est franchie. 

Le FBI le rattrape et va tout mettre en œuvre pour le forcer à dénoncer ses coéquipiers. Dans le même temps, il devient une cible pour les mafieux et les politiques corrompus. Seulement, Malone connaît tous leurs secrets. Et tous, il peut les faire tomber…

Ce que j’en pense…

Je découvre enfin l’œuvre de Don Winslow avec son dernier roman policier « Corruption ». Auparavant, il a écrit « La Griffe du Chien » et « Cartel », deux succès salués par la critique littéraire. Ce livre ne fait pas parti d’une saga. C’est un one shot. Je dois admettre que j’ai été agréablement surpris par ce polar se déroulant à Harlem, New-York, en juillet 2016, sur fond de guerre des gangs avec trafics de drogues et d’armes.

C’est un polar très réaliste qui m’a plongé dans les méandres de la corruption présente dans toutes les strates de la société new-yorkaise. Du flic au commandant, en passant par les avocats, procureurs, juges, beaucoup ne résistent pas aux échanges de bons procédés si cela peut leur profiter. Même le Chef de la police ou le Maire ont des choses à cacher ou des intérêts particuliers à défendre.

Don Winslow dépeint très bien le quotidien de Denny Malone d’origine irlandaise, chef d’une unité d’élite, la Task Force du NYPD. Des flics soudés dans l’épreuve face aux gangs dirigés par des blancs, des dominicains ou des noirs. L’équipe de Malone se compose de Billy O, Russo et Monty. Ceux-ci ont tous une famille avec femme et enfants qui sont leur raison de vivre en dehors de leur boulot de flic qui est chronophage. Les trafiquants de drogues ou d’armes ne s’arrêtent pas la nuit ou le week-end. Il faut être prêt à toute heure pour intervenir.

Ce polar est magistralement orchestré. Il décrit la descente aux enfers de Denny Malone, le roi de Manhattan North. Comment, un pas après l’autre, avec dix huit ans dans la police, on accepte de se compromettre toujours un peu plus pour résoudre des affaires. On franchit une ligne puis une autre ligne sans s’en apercevoir. Au bout du compte, on se retrouve loin du flic intègre et honnête que l’on était au début. On est devenu un justicier qui fait régner l’ordre par la force.

J’ai été happé par ce roman qui est très addictif. L’histoire commence dès la première page par une scène d’action et se poursuit durant 592 pages sans faiblir. Les personnages restent très humains : leur vie familiale et professionnelle s’équilibre bien pour certains, moins bien pour d’autres. Les femmes de flics ont du caractère et savent se montrer courageuses.

J’ai craint pour la vie de Malone et de ses équipiers plusieurs fois dans cette histoire. La  tension est à l’extrême à de nombreuses reprises. On ne peut se fier à personne. Les trahisons sont multiples. Comment va faire Malone pour se sortir de ce bourbier ?

Un polar brutal, tendu et brûlant de réaliste à déguster sans modération.

Sortie : 7 novembre 2018

Éditeur : Harper Collins Noir

Genre : Polar

À travers une narration abrupte et remarquablement réaliste, faisant écho à l’œuvre de Dennis Lehane comme aux films de Martin Scorsese, James Gray et Brian de Palma, Don Winslow livre un roman policier magistral, tableau étourdissant du crime organisé, actuellement en cours d’adaptation au cinéma par James Mangold (Copland).
  

La Disparation d’Adèle Bedeau – Graeme Macrae Burnet

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Je dois avouer que ce livre « La Disparition d’Adèle Bedeau » de Graeme Macrae Burnet m’a déçu car j’en attendais autre chose. Mon avis sera donc très mitigé.

4ème de Couverture

L’évidence n’est pas toujours la vérité.

Manfred Baumann est un solitaire. Timide, inadapté, secret, il passe ses soirées à boire seul, en observant Adèle Bedeau, la jolie serveuse du bar de cette petite ville alsacienne très ordinaire. Georges Gorski est un policier qui se confond avec la grisaille de la ville. S’il a eu de l’ambition, celle-ci s’est envolée il y a bien longtemps. Peut-être le jour où il a échoué à résoudre une de ses toutes premières enquêtes criminelles, qui depuis ne cesse de l’obséder. Lorsque Adèle disparaît, Baumann devient le principal suspect de Gorski. Un étrange jeu se met alors en place entre les deux hommes.

Une affaire en apparence banale, des vies, une ville, qui le sont tout autant… Graeme Macrae Burnet nous démontre ici avec une incroyable virtuosité que la banalité n’existe pas : elle est la couverture de l’inattendu. À la façon des grands maîtres du noir, de Simenon à Chabrol, il transfigure avec un incroyable talent l’histoire de ses deux héros, paralysés par un passé mystérieux, dont la délivrance réserve bien des surprises.

Ce que j’en pense…

N’ayant lu aucun avis sur ce livre, j’ai été fortement surpris par le choix de l’auteur sur le déroulement de cette enquête sur la disparition d’une serveuse travaillant dans un bar d’une petite ville alsacienne.

Ayant lu déjà plusieurs thrillers ou polars traitant de ce thème, je m’attendais à ce que l’enquête sur la disparition d’Adèle Bedeau soit au cœur de ce livre. J’espérais de nombreuses pistes ou indices permettant à l’enquête d’avancer. J’espérais de l’action, de la tension tout au long de ces 280 pages.

Mais l’auteur en a décider autrement. Celui-ci a privilégié la description des personnages vivant dans cette petite ville alsacienne. Il a souhaité nous décrire le quotidien de Manfred Baumann responsable d’une agence bancaire et du policier Georges Gorski.

Pendant plus de 200 pages, le lecteur n’apprend rien de nouveau sur l’enquête qui est au point mort. Pas d’indice, personne n’a rien vu. Seul le quotidien du principal suspect Manfred Baumann nous est raconté jour après jour. Quelques flash-back nous permettent de connaître le passé tourmenté de Manfred et du policier Gorski.

Pendant ma lecture, j’ai suivi les errements de Manfred, persuadé d’être épié par les habitués du bar où celui-ci se rend tous les jours. J’ai été témoin de ses doutes. Le policier Gorski l’a interrogé plusieurs fois sur ses faits et gestes le jour de la disparition de cette serveuse et s’il avait vu un inconnu rôder dans le coin. Mais Manfred n’a rien vu et n’est accusé de rien pour le moment.

J’ai trouvé ce livre d’une lenteur extrême à la limite de l’ennui. Et cela, malgré l’excellent style de l’auteur. J’ai été heureux d’arriver au bout de ce livre afin de découvrir le dénouement de cette affaire qui arrive dans les toutes dernières pages.

Ce n’est pas mon style de livre car trop lent et trop peu d’événements nouveaux pour relancer l’intérêt du lecteur. Mais vous qui savez maintenant comment est structuré ce livre, la donne change. Vous pourrez plus facilement apprécier ce suspense qui prend son temps. Le dénouement est intéressant. Et le style de l’auteur est très bon.

Maudite – Denis Zott

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« Marseille à feu et à sang dans un polar incandescent. » Hubert Artus

Marseille. En face du stade Vélodrome, le dixième étage des Mimosas est en flammes. C’est l’appartement de Tony Beretta, petit dealer mais légende parmi les supporters ultras de l’Ohème.
Une jeune femme, blessée, parvient à s’échapper du brasier. Luce, seize ans, une gueule d’ange, enceinte jusqu’aux yeux, n’est pas partie les mains vides : elle s’est enfuie avec l’argent et la drogue de Tony.

Et l’argent et la drogue, ça attire du monde. Canari, le flic pourri de la BAC. Les hommes de main de Tony. Ceux du Libyen, jeune caïd qui a pour ambition de renverser les anciens, tel le vieux Topin. Et même Yasmina, l’infirmière trop belle pour être innocente, qui veille sur Luce et ses jumeaux. Impossible, pour Luce, d’espérer se sortir seule de ce piège qu’est devenue sa ville.

Mais à qui faire confiance, et comment survivre et protéger ses bébés, quand sa propre mère dit d’elle qu’elle est maudite, et que son ange protecteur pourrait bien s’avérer être un démon ?
Pour trouver la lumière, Luce n’aura d’autre choix que de faire face à ses pires cauchemars.

Ce que j’en pense…

Je ne pouvais passer sous silence le livre « Maudite » de Denis Zott lu cet été. En effet, ce roman est une bombe lancée dans le monde du polar. Pourquoi ? Parce que l’auteur utilise les codes du polar comme un prétexte pour nous raconter une histoire de dingue !

Accrochez-vous car ça va pulser ! Dès la première page, on est dans l’ambiance et la tension est déjà présente. Pas de censure, les paroles fusent sans filtre. Et les coups aussi ! La pauvre Luce va vite en faire les frais.

Bienvenue à Marseille : avec sa stade Vélodrome, ses fans de l’Ohème, ses hooligans et son grand banditisme.

Nous suivons Luce, seize ans, enceinte, qui après avoir mis le feu à l’appartement de Tony où elle était hébergée, ne trouve rien de mieux que de s’enfuir avec l’argent et la drogue de ce dernier.

De là, tout va partir en vrille ! Luce va avoir beaucoup de monde à ses trousses et cela va générer des situations improbables et une tension extrême tout le long de cette course poursuite. Ce roman est vraiment « jouissif » car il explose de partout comme un énorme feu d’artifice ! C’est très addictif et l’on en redemande !

Luce, enceinte, va devoir accoucher tout en se sachant traquée et cela va être folklorique ! Surtout qu’elle n’est pas sûre de vouloir s’encombrer de marmots. Elle est une jeune femme libre et souhaite le rester.

Ce roman non conventionnel est une révélation dans le monde du polar. L’auteur, Denis Zott, à laisser libre court à sa fantaisie pour notre plus grand bonheur. Si vous voulez vous détendre, ce livre est fait pour vous !

Biographie

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Denis Zott est un alsacien de souche qui travaille dans la communication des collectivités locales, de préférence balnéaires, ce qui lui a valu de traverser plusieurs fois la France d’une mer à l’autre, des Sables d’Olonne à Saint-Tropez, en passant par le Berry.

Durant ses loisirs, quand il n’écrit pas à la terrasse d’un bistrot, ce randonneur acharné parcourt montagnes et déserts. Sa devise : « Mes racines, je les plante dans les étoiles ; c’est la meilleure façon de voir la Terre ».

« La Chute du cafard » est son premier roman. « Maudite », est son second opus.

Coupable – Jacques-Olivier Bosco

 

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Après avoir adoré « Brutale », le premier thriller de Jacques-Olivier Bosco mettant en scène le personnage de Lise Lartéguy, j’ai été heureux de découvrir « Coupable » et d’en apprendre davantage sur notre héroïne. Son passé m’intriguait et je me demandais d’où venait ce besoin de se défouler à l’extrême, de prendre sa moto et de tracer, esclave de l’adrénaline qui montait en elle…

L’histoire…

On a tous quelque chose à se reprocher.

Internée à l’adolescence parce qu’elle souffrait de troubles psychologiques, Lise s’est liée à des filles avec qui elle a tout partagé, des « monstres » comme elle. Des années plus tard, Lise est lieutenante à la brigade criminelle de Paris.

Quand elle est amenée à enquêter sur la mort de l’un de ses proches, le passé trouble de sa famille réapparaît. Et les secrets de son enfance refont surface. Que s’est-il réellement passé lorsqu’elle avait treize ans, dans cette ferme aux murs recouverts de sang ?

Ce que j’en pense…

Tout d’abord, je tiens à dire qu’il faut absolument avoir lu « Brutale » auparavant pour comprendre et apprécier ce livre. Dans « Brutale », on voit agir l’héroïne et l’on est témoin de ses comportements extrêmes. Dans « Coupable », on la voit se poser des questions sur ses actes passés et présents.

Jacques-Olivier Bosco a très bien su négocier la suite de « Brutale ». Avec « Coupable », on entre dans la tête de son héroïne Lise Lartéguy. Par des flash-back, on comprend mieux l’enfance de Lise et sa difficulté à être comprise par les autres. Même Lise ne se souvient pas de tout son passé. Celui-ci lui revient par bribes comme un puzzle. Son esprit protège un secret.

Lise doit enquêter sur la mort de l’un de ses proches. Qui peut être responsable de ce meurtre ? Lise se pose des questions jusqu’à douter d’elle-même et de ses actes. En effet, avec les doses d’alcool qu’elle absorbe, elle devient amnésique. Elle ne souvient plus de ce qu’elle faisait la nuit passée et pourquoi elle se réveille dans ce lieu. Elle devient violente et a du mal à se contrôler.

Le scénario de ce thriller est très bien construit. L’auteur distille des parcelles de vérité tout au long de son récit et fait durer le plaisir. J’avais hâte d’être au final pour enfin tout comprendre. La personnalité de Lise Lartéguy va se dévoiler. Nous allons enfin avoir une explication logique sur son comportement violent. Ce thriller se conclut par un très beau dénouement. Merci à Jacques-Olivier Bosco pour cet excellent thriller qui décoiffe !

Collection La Bête Noire – Robert Laffont (Sortie : 22 février 2018) – 400 pages

Oublier nos promesses – Elsa Roch

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Après l’excellent polar rural « Ce qui se dit la nuit », Elsa Roch opère un virage à 180 degrés avec « Oublier nos promesses » publié chez Calmann-Lévy. Elle nous emmène à Paris pour un polar dans les quartiers chauds de la capitale. Un polar sombre avec le retour du commissaire Amaury Marsac dans une toute nouvelle enquête.

Ce que j’en pense…

Elsa Roch ancre son intrigue autour de deux thématiques : le syndrome de stress post-traumatique ou SPT et la traite des êtres humains. Ce sont des thèmes que l’auteure souhaite mettre en lumière par son métier de psychologue spécialisée dans les troubles autistiques et les addictions.

Dans ce polar, nous ferons la connaissance d’un officier français, de retour de mission d’Afghanistan, avec ses fantômes, ayant du mal à se réadapter à la vie normale. Il a dû pendant de nombreuses années se forger une carapace, prêt à réagir à toute attaque, quitte à développer une paranoïa. Ses cauchemars le hantent et sont remplis de cadavres d’êtres humains massacrés par la guerre. Il a dû utiliser la violence dans son métier de soldat, mais aujourd’hui, ce comportement n’est plus adapté.

La traite des êtres humains, et notamment le commerce des femmes, prend une place importante dans ce récit. On promet à ces femmes un avenir meilleur dans un autre pays, mais la réalité est toute autre… On les force à se prostituer pour payer le prix de leur voyage pris en charge par des passeurs. Mais avant, on les dresse pour que celles-ci soient dociles. Une brutalité sans nom.

Dès le prologue, Elsa Roch donne le ton et nous sommes les témoins d’une violence crue et inhumaine. La suite nous permet de reprendre nos esprits et nous redonne un peu d’oxygène après toutes ces émotions.

L’intrigue de ce polar, qui débute avec le meurtre d’une journaliste, Emma Loury, est traitée d’une manière plus classique mais avec la plume poétique de l’auteure. Le fiancé de la victime, Jérôme, est un traumatisé de la guerre. Celui-ci disparaît dans la nature, à la recherche du meurtrier de sa compagne. Serait-il impliqué ? Il doute de ses actions passées.

Le commissaire Marsac prend l’enquête en main sur l’homicide de la journaliste. Marsac est un homme brisé par un drame familial et sa vie privée est à la dérive. Ce meurtre est d’une extrême cruauté. Qui est à l’origine de ce massacre ?

Je vous laisse découvrir ce polar d’une âpreté rare, que l’auteure adoucie par son écriture poétique. J’ai aimé le portrait de Paris, la ville noctambule, esquissé par petites touches, comme la palette d’un peintre. La psychologie des personnages est bien développée et nous les rend attachants.

C’est avec joie que je me suis laissé porter par la plume d’Elsa Roch. Celle-ci a rendu captivante cette intrigue que j’ai suivi jusqu’à son dénouement. Ce second opus me conforte dans le talent de cette auteure. Un plaisir que je vous laisse savourer !

4ème de Couv

DANS PARIS, LA NUIT, UN FLIC ET DES VIES BRISÉES.

Emma Loury aimait les causes perdues et dangereuses. Emma vient d’être découverte, sauvagement assassinée, dans son appartement du IVe arrondissement. Son amant, un officier français de retour d’Afghanistan, s’est enfui. Le coupable idéal.

Le commissaire Marsac se plonge dans cette enquête avec rage : de l’avis de tous, Emma était une personnalité solaire et une excellente journaliste indépendante, qui se battait pour les femmes et contre la  traite des êtres humains. Marsac se demande si la vraie raison de sa mort ne serait pas là. Mais alors pourquoi son compagnon a-t-il fui ?

Jérôme a fui parce qu’Emma était toute sa vie, son dernier lien avec ce monde qu’il ne comprend plus. Il a fui parce qu’il est malade, plongé dans un syndrome post-traumatique, flirtant avec la folie. Il veut massacrer l’assassin comme Emma a été massacrée.

S’engage alors une double chasse à l’homme dans un Paris insoupçonné, en proie aux trafiquants. Jérôme combat le mal par le mal et Marsac par la loi. Qui retrouvera le meurtrier d’Emma ?

Oublier nos promesses Elsa Roch – éditions Calmann-Lévy – Sortie : 7 février 2018