Le Signal – Maxime Chattam

chattam couv

La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls. Un havre de paix. Du moins c’est ce qu’ils pensaient….

Meurtres sordides, conversations téléphoniques brouillées par des hurlements inhumains et puis ces vieilles rumeurs de sorcellerie et ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse leurs adolescents…

Comment le shérif dépassé va-t-il gérer cette situation inédite? Ils ne le savent pas encore mais ça n’est que le début…

Avez-vous déjà eu vraiment peur en lisant un livre ?

Ce que j’en pense…

Avec « Le Signal », Maxime Chattam nous livre cette fois-ci un roman fantastique et non un thriller. Il souhaitait se faire plaisir en allant vers ce genre qu’il affectionne. Les héros de ce livre sont de jeunes adolescents à la manière des séries TV comme « Strangers Things ». 

Je me suis plongé dans cette histoire avec beaucoup d’attentes comme tout bouquin de Chattam. Comment va-t-il faire pour me tenir en haleine pendant 700 pages ?

Je dois avouer que le début a été laborieux car il a fallut que je m’adapte aux personnages et à leurs dialogues de jeunes ados qui me m’intéressaient guère au départ. J’ai persévéré et j’ai passé les 200 pages. Le suspense s’installe progressivement avec des incidents ou des meurtres isolés. J’ai commencé à trouver les situations intéressantes arrivé aux 300 pages.

J’ai eu droit à des manifestations d’esprits ou de fantômes dans la maison des Spencer, la famille phare du roman. Le père se pose des questions et mène son enquête. A côté de ça, les enfants de la famille et leurs copains sont confrontés aux attaques d’un monstre. Et un inspecteur de police va enquêter sur des meurtres inhabituels dans cette bourgade de Mahingan Falls.

Le roman fantastique n’est pas mon genre de prédilection mais je dois dire que le style de Maxime Chattam est agréable à lire. L’auteur sait faire monter la tension au fil des pages. Pour moi, la meilleure partie se situe dans les 400 dernières pages, avec une montée de l’horreur sur les 100 dernières pages. Là, j’ai eu enfin peur pour nos héros et leur famille. Pour le dénouement, l’auteur envoie du lourd !

Je dois avouer que je me suis attaché aux personnages de cette histoire, que ce soit les ados, le père ou la mère de la famille Spencer. Au départ, seuls les ados sont confrontés à des choses surnaturelles, puis le doute s’installe aussi dans le monde des adultes.

Les personnalités et caractères de ces ados sont très différents et se complètent très bien. Ceux-ci se lancent des défis pour mériter leur place dans la bande. Leur courage va être mis à rude épreuve par la manifestation de ce « monstre ». J’ai été en totale empathie avec eux et j’ai aimé leurs réactions face à l’inconnu.

En conclusion, j’ai bien aimé ce roman fantastique, malgré les quelques longueurs inhérentes à un pavé de 700 pages. L’écrivain s’en tire plutôt bien avec un final très réussi. C’est à votre tour de vous faire votre opinion en découvrant « Le Signal » de Maxime Chattam.

Sortie : 24 octobre 2018

Éditeur : Albin Michel

Genre : Roman fantastique

La Boîte de Pandore – Bernard Werber

pandore

Savez-vous qui vous êtes vraiment ?

Êtes-vous sûr de ne pas avoir vécu d’autres vies ?

René Toledano, professeur d’histoire, assiste à un spectacle d’hypnose au cours duquel il est choisi dans le public pour participer à une séance. Il se retrouve alors projeté dans ses vies précédentes et se demande s’il peut influer sur les événements.

Contrairement à son précédent opus « Depuis l’au-delà » où j’avais apprécié l’histoire, l’imagination mais moins son style, « La boîte de Pandore » de Bernard Werber est une réussite totale pour un roman d’imaginaire et d’aventure.

L’auteur nous a concocté un suspense et un récit surprenant qui nous happe dès la première page. Il s’est surpassé. Merci à lui.

Ce récit nous parle de nos « vies antérieures » de manière extrêmement plausible et nous fait remonter l’histoire grâce à notre héros. René Toledano va se retrouver dans un bourbier inextricable.

Heureusement, il va rencontrer une femme, Opale, une hypnotiseuse, qui va l’aider dans son périple. Il fera la connaissance aussi de Geb, un Atlante, qui va devenir son ami.

Ce roman d’aventure est un excellent divertissement et en plus, on apprend beaucoup de choses ! Notamment sur des vérités historiques qui ne le sont pas réellement. Des arrangements avec l’histoire à la gloire de héros que nous connaissons tous.

Alors ? Voulez-vous rencontrer les personnages qui habitaient votre corps et votre esprit avant vous il y a des décennies ? Voulez-vous apprendre à mieux vous connaître ? Vous allez voir que c’est possible…

Sortie : 26 septembre 2018

Éditeur : Albin Michel

Genre : roman d’imaginaire

L’Egarée – Donato Carrisi

EGAREE COUV OK

Un labyrinthe secret
plongé dans l’obscurité.
Un bourreau qui y enferme ses proies.
Une victime qui parvient à s’en échapper,
mais sans le moindre souvenir.

Un effroyable combat
pour retrouver la mémoire,
et une enquête à hauts risques
pour traquer celui qui continue
à agir dans l’ombre…

Enfin le troisième volet de la trilogie de Donato Carrisi, le maître du thriller italien. Après « Le Chuchoteur » qui fut un excellent thriller, « L’écorchée » qui m’a plutôt déçu, voilà le retour en grâce de l’auteur avec « L’Egarée ».

Je dois dire que ce roman est pour moi le thriller parfait. Il est très efficace. Il vous alpague dès la première page pour ne vous lâcher qu’au dénouement final. Le suspense et la tension sont très présents dans cet opus. L’idée du labyrinthe est excellente !

J’ai eu beaucoup d’empathie pour la femme victime du labyrinthe qui va passer par toutes les émotions. Le bourreau qu’elle ne voit jamais est machiavélique.

Lorsqu’elle parvient à s’échapper, la femme n’a plus aucun souvenir. Elle doit absolument recouvrer la mémoire pour aider les enquêteurs et pour elle-même. En effet, le bourreau est toujours dans la nature et pourrait revenir s’occuper d’elle définitivement.

« L’Egarée » n’est pas vraiment une suite du « Chuchoteur ». On peut le lire sans avoir lu les précédents livres de l’auteur. Mais les ayant lus, je dois dire que cela m’a rappelé des personnages et des lieux déjà vus. C’est un plus !

La galerie de personnages rencontrés est originale. La recherche du ou des coupables en remontant grâce à des indices est ingénieusement orchestrée par l’auteur. On est pris eu jeu afin de reconstituer ce puzzle.

D’autres victimes seront peut-être sacrifiées si l’enquête n’aboutie pas assez vite. Bienvenue dans le tunnel de l’horreur ! N’ayez pas peur… Personne ne peut vous entendre.

Bravo à Donato Carrisi pour cet excellent thriller qui est pour moi un chef-d’œuvre. Un vrai coup de cœur ! A lire absolument et sans délai.

coup-de-coeur_violet

Sortie : 3 octobre 2018

Éditeur : Calmann Lévy Noir

Genre : Thriller

Donato-Carrisi PHOTO

BIOGRAPHIE

Donato Carrisi est un romancier, journaliste, dramaturge et scénariste italien, auteur de roman policier.

Juriste de formation, spécialisé en criminologie et sciences du comportement, il délaisse la pratique du droit en 1999 pour se tourner vers l’écriture de scénarios. Il est l’auteur d’une thèse sur Luigi Chiatti, le « monstre de Foligno », un tueur en série italien.

« Le Chuchoteur » (Il suggeritore, 2009), son premier roman, s’est vendu en France à plus de 300 000 exemplaires, a été traduit dans vingt pays et a remporté plusieurs prix littéraires, dont le prix SNCF du polar européen 2011 et le prix des lecteur Livre de Poche 2011.
Après « La fille dans le brouillard » (La ragazza nella nebbia, 2015), un thriller un peu plus classique, Donato Carrisi, renoue avec la série mettant en scène ses enquêteurs Marcus et Sandra dans « Tenebra Roma » (Il maestro delle ombre, 2016).

Corruption – Don Winslow

corruption couv.jpg

QUAND TOUT LE SYSTÈME EST POURRI AUTANT JOUER SELON SES PROPRES RÈGLES
 
Denny Malone est le roi de Manhattan North, le leader charismatique de La  Force, une unité d’élite qui fait la loi dans les rues de New York et n’hésite pas à se salir les mains pour combattre les gangs, les dealers et les trafiquants d’armes. Après dix-huit années de service, il est respecté et admiré de tous. Mais le jour où, après une descente, Malone et sa garde rapprochée planquent pour des millions de dollars de drogue, la ligne jaune est franchie. 

Le FBI le rattrape et va tout mettre en œuvre pour le forcer à dénoncer ses coéquipiers. Dans le même temps, il devient une cible pour les mafieux et les politiques corrompus. Seulement, Malone connaît tous leurs secrets. Et tous, il peut les faire tomber…

Ce que j’en pense…

Je découvre enfin l’œuvre de Don Winslow avec son dernier roman policier « Corruption ». Auparavant, il a écrit « La Griffe du Chien » et « Cartel », deux succès salués par la critique littéraire. Ce livre ne fait pas parti d’une saga. C’est un one shot. Je dois admettre que j’ai été agréablement surpris par ce polar se déroulant à Harlem, New-York, en juillet 2016, sur fond de guerre des gangs avec trafics de drogues et d’armes.

C’est un polar très réaliste qui m’a plongé dans les méandres de la corruption présente dans toutes les strates de la société new-yorkaise. Du flic au commandant, en passant par les avocats, procureurs, juges, beaucoup ne résistent pas aux échanges de bons procédés si cela peut leur profiter. Même le Chef de la police ou le Maire ont des choses à cacher ou des intérêts particuliers à défendre.

Don Winslow dépeint très bien le quotidien de Denny Malone d’origine irlandaise, chef d’une unité d’élite, la Task Force du NYPD. Des flics soudés dans l’épreuve face aux gangs dirigés par des blancs, des dominicains ou des noirs. L’équipe de Malone se compose de Billy O, Russo et Monty. Ceux-ci ont tous une famille avec femme et enfants qui sont leur raison de vivre en dehors de leur boulot de flic qui est chronophage. Les trafiquants de drogues ou d’armes ne s’arrêtent pas la nuit ou le week-end. Il faut être prêt à toute heure pour intervenir.

Ce polar est magistralement orchestré. Il décrit la descente aux enfers de Denny Malone, le roi de Manhattan North. Comment, un pas après l’autre, avec dix huit ans dans la police, on accepte de se compromettre toujours un peu plus pour résoudre des affaires. On franchit une ligne puis une autre ligne sans s’en apercevoir. Au bout du compte, on se retrouve loin du flic intègre et honnête que l’on était au début. On est devenu un justicier qui fait régner l’ordre par la force.

J’ai été happé par ce roman qui est très addictif. L’histoire commence dès la première page par une scène d’action et se poursuit durant 592 pages sans faiblir. Les personnages restent très humains : leur vie familiale et professionnelle s’équilibre bien pour certains, moins bien pour d’autres. Les femmes de flics ont du caractère et savent se montrer courageuses.

J’ai craint pour la vie de Malone et de ses équipiers plusieurs fois dans cette histoire. La  tension est à l’extrême à de nombreuses reprises. On ne peut se fier à personne. Les trahisons sont multiples. Comment va faire Malone pour se sortir de ce bourbier ?

Un polar brutal, tendu et brûlant de réaliste à déguster sans modération.

Sortie : 7 novembre 2018

Éditeur : Harper Collins Noir

Genre : Polar

À travers une narration abrupte et remarquablement réaliste, faisant écho à l’œuvre de Dennis Lehane comme aux films de Martin Scorsese, James Gray et Brian de Palma, Don Winslow livre un roman policier magistral, tableau étourdissant du crime organisé, actuellement en cours d’adaptation au cinéma par James Mangold (Copland).
  

Inexorable – Claire Favan

inexorable

Il est vrai que « Inexorable » de Claire Favan peut déstabiliser car il est très différent des thrillers précédents de l’auteure. Pas de twists ou de retournements de situation. Par ce roman noir, Claire Favan a voulu mettre en lumière un thème cher à son cœur. En effet, ce livre est préfacé par son fils Gabriel. Cette fiction relate l’histoire d’une mère prête à tout pour protéger son fils. 

Gabriel Favan a fait parti de ceux qui ont dû gérer un handicap invisible lié au comportement.

L’histoire décrite dans ce livre nous raconte le parcours d’un enfant prénommé Milo qui, après un choc psychologique, se met à avoir un comportement mutique envers sa mère et agressif à l’école si on le provoque. Il part au quart de tour et se bat avec les élèves qui le harcèlent. Il s’ensuit des plaintes des parents d’élèves et il se retrouve mis à l’écart par les enseignants de sa classe.

Milo possède une rage intérieure qui doit s’exprimer à un moment ou un autre et l’enfant ne peut contrôler cette chose.

Les caractères des protagonistes de cette histoire sont très réalistes. Le père Victor sort de prison et réintègre le domicile familial. La mère Alexandra est très protectrice vis-à-vis de Milo l’enfant du couple. L’enfant, lui, est très heureux de revoir son père.

L’histoire montrera les difficultés qu’une famille peut rencontrer face aux actions passées et futures de chacun de ses membres.

Ce livre m’a ému et je suis tombé en empathie totale avec ce gosse qui doit affronter des problèmes d’adultes. Le thème de l’inadaptation scolaire d’un enfant est très bien développé au sein d’une intrigue à suspense très bien menée.

Ce livre m’a ouvert les yeux sur cette spirale infernale que peut vivre un enfant à cause d’un comportement jugé inadapté. La stigmatisation et le rejet arrivent vite ainsi que la solitude. L’adolescence de Milo est également traitée et l’on se demande quel sera son avenir.

Une fois entré dans l’histoire, vous ne pourrez plus lâcher ce livre. Vous souhaiterez connaître son dénouement. Je vous encourage à lire ce roman noir sociétal qui témoigne d’une réalité forte. Merci à Claire Favan pour ce roman haletant qui ne peut laisser indifférent.

Sortie : 11 octobre 2018

Éditeur : Robert Laffont / La Bête Noire

Genre : Roman noir

4ème de couverture

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.

Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.
Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…

Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants

La Disparation d’Adèle Bedeau – Graeme Macrae Burnet

adele bedeau photo

Je dois avouer que ce livre « La Disparition d’Adèle Bedeau » de Graeme Macrae Burnet m’a déçu car j’en attendais autre chose. Mon avis sera donc très mitigé.

4ème de Couverture

L’évidence n’est pas toujours la vérité.

Manfred Baumann est un solitaire. Timide, inadapté, secret, il passe ses soirées à boire seul, en observant Adèle Bedeau, la jolie serveuse du bar de cette petite ville alsacienne très ordinaire. Georges Gorski est un policier qui se confond avec la grisaille de la ville. S’il a eu de l’ambition, celle-ci s’est envolée il y a bien longtemps. Peut-être le jour où il a échoué à résoudre une de ses toutes premières enquêtes criminelles, qui depuis ne cesse de l’obséder. Lorsque Adèle disparaît, Baumann devient le principal suspect de Gorski. Un étrange jeu se met alors en place entre les deux hommes.

Une affaire en apparence banale, des vies, une ville, qui le sont tout autant… Graeme Macrae Burnet nous démontre ici avec une incroyable virtuosité que la banalité n’existe pas : elle est la couverture de l’inattendu. À la façon des grands maîtres du noir, de Simenon à Chabrol, il transfigure avec un incroyable talent l’histoire de ses deux héros, paralysés par un passé mystérieux, dont la délivrance réserve bien des surprises.

Ce que j’en pense…

N’ayant lu aucun avis sur ce livre, j’ai été fortement surpris par le choix de l’auteur sur le déroulement de cette enquête sur la disparition d’une serveuse travaillant dans un bar d’une petite ville alsacienne.

Ayant lu déjà plusieurs thrillers ou polars traitant de ce thème, je m’attendais à ce que l’enquête sur la disparition d’Adèle Bedeau soit au cœur de ce livre. J’espérais de nombreuses pistes ou indices permettant à l’enquête d’avancer. J’espérais de l’action, de la tension tout au long de ces 280 pages.

Mais l’auteur en a décider autrement. Celui-ci a privilégié la description des personnages vivant dans cette petite ville alsacienne. Il a souhaité nous décrire le quotidien de Manfred Baumann responsable d’une agence bancaire et du policier Georges Gorski.

Pendant plus de 200 pages, le lecteur n’apprend rien de nouveau sur l’enquête qui est au point mort. Pas d’indice, personne n’a rien vu. Seul le quotidien du principal suspect Manfred Baumann nous est raconté jour après jour. Quelques flash-back nous permettent de connaître le passé tourmenté de Manfred et du policier Gorski.

Pendant ma lecture, j’ai suivi les errements de Manfred, persuadé d’être épié par les habitués du bar où celui-ci se rend tous les jours. J’ai été témoin de ses doutes. Le policier Gorski l’a interrogé plusieurs fois sur ses faits et gestes le jour de la disparition de cette serveuse et s’il avait vu un inconnu rôder dans le coin. Mais Manfred n’a rien vu et n’est accusé de rien pour le moment.

J’ai trouvé ce livre d’une lenteur extrême à la limite de l’ennui. Et cela, malgré l’excellent style de l’auteur. J’ai été heureux d’arriver au bout de ce livre afin de découvrir le dénouement de cette affaire qui arrive dans les toutes dernières pages.

Ce n’est pas mon style de livre car trop lent et trop peu d’événements nouveaux pour relancer l’intérêt du lecteur. Mais vous qui savez maintenant comment est structuré ce livre, la donne change. Vous pourrez plus facilement apprécier ce suspense qui prend son temps. Le dénouement est intéressant. Et le style de l’auteur est très bon.

Maudite – Denis Zott

maudite denis zott photo

« Marseille à feu et à sang dans un polar incandescent. » Hubert Artus

Marseille. En face du stade Vélodrome, le dixième étage des Mimosas est en flammes. C’est l’appartement de Tony Beretta, petit dealer mais légende parmi les supporters ultras de l’Ohème.
Une jeune femme, blessée, parvient à s’échapper du brasier. Luce, seize ans, une gueule d’ange, enceinte jusqu’aux yeux, n’est pas partie les mains vides : elle s’est enfuie avec l’argent et la drogue de Tony.

Et l’argent et la drogue, ça attire du monde. Canari, le flic pourri de la BAC. Les hommes de main de Tony. Ceux du Libyen, jeune caïd qui a pour ambition de renverser les anciens, tel le vieux Topin. Et même Yasmina, l’infirmière trop belle pour être innocente, qui veille sur Luce et ses jumeaux. Impossible, pour Luce, d’espérer se sortir seule de ce piège qu’est devenue sa ville.

Mais à qui faire confiance, et comment survivre et protéger ses bébés, quand sa propre mère dit d’elle qu’elle est maudite, et que son ange protecteur pourrait bien s’avérer être un démon ?
Pour trouver la lumière, Luce n’aura d’autre choix que de faire face à ses pires cauchemars.

Ce que j’en pense…

Je ne pouvais passer sous silence le livre « Maudite » de Denis Zott lu cet été. En effet, ce roman est une bombe lancée dans le monde du polar. Pourquoi ? Parce que l’auteur utilise les codes du polar comme un prétexte pour nous raconter une histoire de dingue !

Accrochez-vous car ça va pulser ! Dès la première page, on est dans l’ambiance et la tension est déjà présente. Pas de censure, les paroles fusent sans filtre. Et les coups aussi ! La pauvre Luce va vite en faire les frais.

Bienvenue à Marseille : avec sa stade Vélodrome, ses fans de l’Ohème, ses hooligans et son grand banditisme.

Nous suivons Luce, seize ans, enceinte, qui après avoir mis le feu à l’appartement de Tony où elle était hébergée, ne trouve rien de mieux que de s’enfuir avec l’argent et la drogue de ce dernier.

De là, tout va partir en vrille ! Luce va avoir beaucoup de monde à ses trousses et cela va générer des situations improbables et une tension extrême tout le long de cette course poursuite. Ce roman est vraiment « jouissif » car il explose de partout comme un énorme feu d’artifice ! C’est très addictif et l’on en redemande !

Luce, enceinte, va devoir accoucher tout en se sachant traquée et cela va être folklorique ! Surtout qu’elle n’est pas sûre de vouloir s’encombrer de marmots. Elle est une jeune femme libre et souhaite le rester.

Ce roman non conventionnel est une révélation dans le monde du polar. L’auteur, Denis Zott, à laisser libre court à sa fantaisie pour notre plus grand bonheur. Si vous voulez vous détendre, ce livre est fait pour vous !

Biographie

denis zott photo

Denis Zott est un alsacien de souche qui travaille dans la communication des collectivités locales, de préférence balnéaires, ce qui lui a valu de traverser plusieurs fois la France d’une mer à l’autre, des Sables d’Olonne à Saint-Tropez, en passant par le Berry.

Durant ses loisirs, quand il n’écrit pas à la terrasse d’un bistrot, ce randonneur acharné parcourt montagnes et déserts. Sa devise : « Mes racines, je les plante dans les étoiles ; c’est la meilleure façon de voir la Terre ».

« La Chute du cafard » est son premier roman. « Maudite », est son second opus.

Dynamique du Chaos – Ghislain Gilberti

gilberti dynamique du chaos

« Dynamique du Chaos » de Ghislain Gilberti, mon premier livre de cet auteur. Un roman noir inspiré de sa vie passée. Un vrai choc et une histoire palpitante !

Ce roman est sans filtre : la chute libre d’un homme sur fond de drogues, de sexe, d’abus en tout genre et l’amour passionnel, irrationnel, d’un homme pour une femme. Une aventure radicale et romanesque.

J’ai adoré ce bouquin qui sort des sentiers battus. Ce roman est violent mais il est aussi parsemé de poésie. Le style est brut, direct et l’intrigue est unique. On voit que l’auteur a mis ses tripes sur la table. Et cela donne un chef d’œuvre !

« Dynamique du chaos » de Ghislain Gilberti. Un choc littéraire autobiographique ! A lire absolument !

4ème de couverture

Gys, un jeune homme au passé agité, va jusqu’à l’impensable pour oublier sa séparation. Rapidement, il cède à l’ivresse nerveuse des transgressions aux côtés de ses trois amis de la  » Génération Nada  » : avec eux, il écumera bars et clubs de tous les excès, traquant le chaos qui lui permettra de mieux voir le monde. Il ignore qu’au loin, un train fou fonce déjà sur lui. Le monstre d’acier s’appelle Séverine.

Dynamique du Chaos fait l’effet d’un coup de tonnerre lors de sa mise en ligne sur Internet en 2007, avec plus de 100 000 téléchargements et un torrent de commentaires de lecteurs jetés à corps perdus dans cette aventure radicale. En 2017, il est publié pour la première fois sans censure et en édition papier.

Biographie

gilberti photo2

Ghislain Gilberti, écrivain belfortain, est auteur de romans noirs, de poésie contemporaine, d’essais et parolier pour plusieurs groupes ( Malevolentia, The Fall of Time, Fuck an Angel, De Lys, Arnaud D). Il va puiser dans les replis les plus sombres du corps social pour en tirer la matière qu’il injecte dans ses textes.

– « Dynamique du chaos » (2008), son premier roman, a été publié en ligne et rencontré un vif succès. C’est un roman viral qu’il est possible de télécharger gratuitement et qui circule partout sur la toile.

– « Le Festin du Serpent » (2013) est son premier roman a être publié par les éditions Anne Carrière et Pocket (2015). Ce roman a remporté le Grand prix des Lecteurs France Bleu 2013, le Prix Découverte Polar Pourpre 2013 et était finaliste pour le prix du meilleur Polar Francophone (2013).

– « Le Baptême des Ténèbres » (2014) Toujours aux Editions Anne Carrière, sortie nationale le 2 octobre. et La Mécanique Générale en poche (2017). Récompense : Lion d’or du meilleur roman français 2015.

– « Le Bal des Ardentes », sortie en début d’année (2015) aux éditions Anne Carrière et Pocket pour le format poche.

– « Dynamique du Chaos » version intégrale non censurée aux éditions Ring (2017)

– « Dernière Sortie pour Wonderland » (2017) aux éditions Ring.

– « Sa Majesté des Ombres » (2018) aux éditions Ring. 

Coupable – Jacques-Olivier Bosco

 

coupable instagram

Après avoir adoré « Brutale », le premier thriller de Jacques-Olivier Bosco mettant en scène le personnage de Lise Lartéguy, j’ai été heureux de découvrir « Coupable » et d’en apprendre davantage sur notre héroïne. Son passé m’intriguait et je me demandais d’où venait ce besoin de se défouler à l’extrême, de prendre sa moto et de tracer, esclave de l’adrénaline qui montait en elle…

L’histoire…

On a tous quelque chose à se reprocher.

Internée à l’adolescence parce qu’elle souffrait de troubles psychologiques, Lise s’est liée à des filles avec qui elle a tout partagé, des « monstres » comme elle. Des années plus tard, Lise est lieutenante à la brigade criminelle de Paris.

Quand elle est amenée à enquêter sur la mort de l’un de ses proches, le passé trouble de sa famille réapparaît. Et les secrets de son enfance refont surface. Que s’est-il réellement passé lorsqu’elle avait treize ans, dans cette ferme aux murs recouverts de sang ?

Ce que j’en pense…

Tout d’abord, je tiens à dire qu’il faut absolument avoir lu « Brutale » auparavant pour comprendre et apprécier ce livre. Dans « Brutale », on voit agir l’héroïne et l’on est témoin de ses comportements extrêmes. Dans « Coupable », on la voit se poser des questions sur ses actes passés et présents.

Jacques-Olivier Bosco a très bien su négocier la suite de « Brutale ». Avec « Coupable », on entre dans la tête de son héroïne Lise Lartéguy. Par des flash-back, on comprend mieux l’enfance de Lise et sa difficulté à être comprise par les autres. Même Lise ne se souvient pas de tout son passé. Celui-ci lui revient par bribes comme un puzzle. Son esprit protège un secret.

Lise doit enquêter sur la mort de l’un de ses proches. Qui peut être responsable de ce meurtre ? Lise se pose des questions jusqu’à douter d’elle-même et de ses actes. En effet, avec les doses d’alcool qu’elle absorbe, elle devient amnésique. Elle ne souvient plus de ce qu’elle faisait la nuit passée et pourquoi elle se réveille dans ce lieu. Elle devient violente et a du mal à se contrôler.

Le scénario de ce thriller est très bien construit. L’auteur distille des parcelles de vérité tout au long de son récit et fait durer le plaisir. J’avais hâte d’être au final pour enfin tout comprendre. La personnalité de Lise Lartéguy va se dévoiler. Nous allons enfin avoir une explication logique sur son comportement violent. Ce thriller se conclut par un très beau dénouement. Merci à Jacques-Olivier Bosco pour cet excellent thriller qui décoiffe !

Collection La Bête Noire – Robert Laffont (Sortie : 22 février 2018) – 400 pages

Nulle part sur la terre – Michael Farris Smith

michael ferris photo

Une femme marche seule avec une petite fille sur une route de Louisiane. Elle n’a nulle part où aller. Partie sans rien quelques années plus tôt de la ville où elle a grandi, elle revient tout aussi démunie. Elle pense avoir connu le pire. Elle se trompe.

Russel a lui aussi quitté sa ville natale, onze ans plus tôt. Pour une peine de prison qui vient tout juste d’arriver à son terme. Il retourne chez lui en pensant avoir réglé sa dette. C’est sans compter sur le désir de vengeance de ceux qui l’attendent.

Dans les paysages désolés de la campagne américaine, un meurtre va réunir ces âmes perdues, dont les vies vont bientôt ne plus tenir qu’à un fil.

Très bon roman noir sur les oubliés du rêve américain. Michael Farris Smith dans « Nulle part sur la terre » nous décrit la vie de gens qui n’ont pas eu de chance. La première partie du livre est très sombre et dure (accrochez-vous), la seconde est plus lumineuse et donne un peu d’espoir à cet homme et à cette femme dont les destins se croisent. Deux êtres cabossés par la vie. Un très beau roman servi par une très belle plume. Un livre qui ne peut laisser indifférent.

Michael Farris Smith possède en effet un style et un talent d’évocation totalement singuliers qui vont droit au cœur du lecteur. Avec ces personnages qui s’accrochent à la vie envers et contre tout, il nous offre un magnifique roman sur la condition humaine, qui ne quittera pas nos esprits avant longtemps.

  Biographie

chris jenkins credit photoMichael Farris Smith est un écrivain américain originaire du Mississipi dont le travail et la personnalité sont fortement marqués par son ancrage territorial dans le Sud des États-Unis. Si ses voyages en France et en Suisse inspirent son premier roman, The Hands of Strangers (2011), son second récit, Une pluie sans fin (Super 8 éditions, 2015), fresque post-apocalyptique qui dépeint un Mississipi dévasté par des intempéries diluviennes, a été salué pour l’originalité et l’intensité de sa langue.

Avec son nouveau roman Nulle part sur la terre, Michael Farris Smith continue de construire une vision littéraire unique, dépositaire de toute l’aridité, la poésie et l’humanité qui rythme l’existence sudiste. Michael Farris Smith vit aujourd’hui à Oxford, dans le Mississipi avec sa femme et ses deux filles. « The fighter » sortira en mars 2018.